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Histoire du projet

Présentation et histoire des gites Gnilman, un projet de développement local dans le delta du Saloum au Sénégal.

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Histoire de Gnilman

En 1994, Famara SARR, jeune ingénieur diplômé de l’Ecole Nationale des Cadres Ruraux du Sénégal, vient poursuivre des études à l’ENESAD (Etablissement National d’Enseignement Supérieur Agronomique de Dijon) dans le cadre de la coopération franco-sénégalaise. Il suit pendant 2 ans la formation des ingénieurs d’agronomie, corps de fonctionnaires d’Etat français et effectue un stage de courte durée auprès de Lydia Weber, alors ingénieur enseignante en lycée agricole à Dijon.

C’est le début d’une amitié durable qui aboutit, en 2002 (alors que F. Sarr est revenu pour un an à Montpellier, inscrit à un mastère «évaluation de projet») à l’initiation d’un projet que F. Sarr avait mûri pendant son année de formation et qui associe au départ F. Sarr, L. Weber et Jean-Christophe Kroll, professeur d’économie à l’ENESAD.

Famara SARR a grandi à Niodior, une des îles du delta du Saloum (en bord de mer, à 200 km au sud de Dakar) dont l’activité principale est la pêche pour les hommes, la collecte et le séchage de coques (« moules ») pour les femmes. Les produits de ces activités sont vendus à des intermédiaires qui écoulent leur marchandise à Dakar, en Gambie ou en Casamance.

Fils de pêcheur lui même, F. Sarr a pu, grâce à beaucoup d’efforts et de débrouillardise personnels, poursuivre des études et accéder au statut de fonctionnaire du Ministère de l’Agriculture au sein duquel il a exercé plusieurs années en tant que responsable du Programme National de Développement de la Production Laitière. C’est ainsi qu’il a commencé à s’intéresser aux questions de développement local : dans le Nord et le Centre du Sénégal, il a animé des groupements agricoles, en particulier de femmes, pour l’amélioration de l’élevage bovin, la transformation du lait pour une commercialisation à distance et la promotion de l’utilisation de fromages locaux dans la cuisine traditionnelle.

Passionné par son travail, mais insuffisamment payé pour faire vivre sa famille, très attaché à sa région d’origine au taux de chômage élevé menant l’ensemble de la population jeune à des migrations saisonnières de peu d’avenir vers Dakar ou des tentatives d’émigration clandestine vers l’Europe, F. Sarr a conçu le projet « Gnilman » (ce qui signifie « brise marine » en langue locale sérère), convaincu que le développement de cette zone ne peut passer que par l’exploitation, par la population elle même, des importantes potentialités locales: pêche, agriculture et en particulier maraîchage, valorisation des paysages exceptionnels et de la culture vivante par le tourisme …

Les circuits habituels de soutien à ce type de projets se révèlent extrêmement longs, très exigeants en temps, dossiers…pour des résultats incertains et des soutiens relevant plus d’une logique de dons humanitaires que d’une aide au financement à un projet économiquement justifié et viable.

Compte tenu de l’urgence de la mise en route du projet et de l’absence de réponses des organismes institutionnels sollicités, l’idée de lancer une souscription auprès d’amis, de collègues, de connaissances sensibles à ce type de projet est née et a abouti à la construction des « gîtes Gnilman ».

En juillet 2002, l’association « Les amis de Gnilman » est donc créée à Dijon. Son but: « soutenir un projet de tourisme équitable et de développement local dans les îles du Saloum au Sénégal; assurer la liaison avec le GIE « Gnilman Gîtes » et informer ses adhérents de l’avancement du projet ».

F. Sarr est retourné au Sénégal en juin 2002. Il a repris son travail au Ministère de l’Agriculture, à la Direction de l’Elevage, où il s’occupe toujours du suivi et de l’animation de groupes de développement agricoles, principalement féminins, auxquels il peut proposer des aides financières issues de la Banque Mondiale.

Fonctionnaire en semaine, souvent en déplacement sur le terrain, F. Sarr assure ainsi un salaire (tarif sénégalais !) pour faire vivre sa famille élargie à la parenté des îles, venue chercher formation et travail à Dakar. Les congés et les week-end sont consacrés à la gestion de Gnilman : contacts avec des agences ou des porteurs de projets de vacances, conception et contacts locaux pour les séjours et circuits proposés, encadrement du personnel, …

L’accueil des clients

Sur le site Gnilman en bordure d’océan (voir situation géographique), dans des cases construites par les artisans locaux (voir plan et photos) équipés de cabinets de toilette avec eau courante, avec du personnel local exclusivement.
Sont employés régulièrement :

Les cuisinière et femme de chambre préparent les plats délicieux, à base de riz, sauce aux oignons aux épices variés, poisson grillé, coques ou « poulet sportif ». Tous les produits sont frais, achetés localement et cuisinés juste avant le repas : il faut donc que les convives se soient annoncés, sinon il leur faudra attendre, le temps d’approvisionner, préparer et cuire les ingrédients !

Un gardien-guide-piroguier assure la permanence et prévoient les sorties et visites, en fonction des souhaits des touristes : pirogue et carriole attachée à un cheval (« calèche locale ») sont louées pour les visites terrestres un peu plus éloignées ; les balades à pied permettent la découverte des environs immédiats.

Se préparer au dépaysement Gnilman

Il faut rappeler aux touristes potentiels le but et les conditions de l’accueil à Gnilman.

Les touristes ayant choisi ce type d’hébergement parce qu’ils souhaitent réellement découvrir le mode de vie et la culture des habitants doivent être conscients du décalage économique et culturel entre leurs habitudes et les possibilités de l’offre locale.

La programmation horaire précise est impossible : vivre au rythme local c’est accepter que les infrastructures, les moyens de transport et les aléas de la vie des habitants ne permettent pas de fixer un rendez vous à la minute près, ni d’exiger impérativement un service de transport non prévu à l’avance.

Les repas, préparés avec des produits frais, non conservés ou stockés, doivent être commandés d’avance, sinon il faut attendre qu’ils soient prêts (1 à 3 h !).

Les employés du campement se mettent en quatre pour répondre aux désirs des touristes encore faut-il qu’ils les connaissent, les comprennent et qu’ils soient réalisables. Le but principal du campement est de permettre la rencontre, les échanges entre personnes et cultures, dans un esprit de curiosité, de compréhension et de respect mutuels.

Le prix des services est fixé de manière à rémunérer correctement toutes les personnes participant à l’accueil au campement (vente de produits ou services). Aucun achat n’est effectué au rabais ou « importé » d’ailleurs pour cause de réductions des coûts : les prix ne sont donc pas fixés pour concurrencer d’autres structures fonctionnant sur les bases du « moins disant ».

Les liaisons téléphoniques, a fortiori par Internet, ne sont malheureusement pas encore possibles avec le campement, ce qui reste aujourd’hui le handicap majeur du projet Gnilman. Les téléphones portables passent.

Les contacts pour la programmation de séjours par Internet se font avec Famara Sarr lorsqu’il est à Dakar(*), ce qui suppose de s’y prendre à l’avance (le transport de l’aéroport à Gnilman supposant la disponibilité d’un véhicule nécessite également d’être programmé à l’avance). L’hébergement de passage, sans réservation, est possible avec les employés qui sont sur place, mais dans des conditions d’accueil non programmées …

Toute amélioration des conditions matérielles d’accueil – capacité, mobilier, appareils divers - supposent des fonds disponibles : c’est évidemment ce qui manque le plus ! et c’est ce que le développement de l’accueil à Gnilman doit apporter, en plus de la rémunération « équitable » des personnes et le remboursement des fonds empruntés.

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